Génération Palestine

Hier témoins, aujourd'hui acteurs, Des jeunes s'unissent pour une paix juste au proche orient.

07 décembre 2006

Rapport Amnesty International

Israël a retiré ses colons et ses troupes de la bande de Gaza et démantelé quatre petites colonies dans le nord de la Cisjordanie. Il a toutefois poursuivi l’expansion des colonies illégales et la construction d’infrastructures afférentes, notamment le mur/barrière d’une longueur de 600 kilomètres érigé sur des terres palestiniennes à l’intérieur de la Cisjordanie occupée. Les postes de contrôle installés par l’armée et les restrictions imposées à la liberté de mouvement des Palestiniens dans les territoires occupés étaient toujours à l’origine d’une importante pauvreté et d’un chômage élevé. Les actes de violence entre Israéliens et Palestiniens ont fortement diminué, bien que des attaques aient été perpétrées par les deux camps. Quelque 190 Palestiniens, dont une cinquantaine d’enfants, ont été tués par l’armée israélienne, et 50 Israéliens, dont six enfants, ont été tués par des membres de groupes armés palestiniens. Les soldats israéliens ont perpétré des attaques illégales et avaient régulièrement recours à une force excessive pour disperser des manifestants pacifiques qui protestaient contre la destruction de terres agricoles palestiniennes et la construction du mur/barrière par l’armée. Les colons israéliens attaquaient fréquemment des agriculteurs palestiniens, détruisaient des vergers et empêchaient les récoltes. La plupart des soldats et des colons responsables d’homicides illégaux et d’autres attaques contre les Palestiniens et leurs biens continuaient de bénéficier de l’impunité. Des milliers de Palestiniens soupçonnés d’atteintes à la sécurité ont été arrêtés par les forces israéliennes dans les territoires occupés. Comme les années précédentes, des objecteurs de conscience israéliens qui refusaient d’accomplir leur service militaire ont été emprisonnés.

Posté par turisto à 09:22 - Articles de presse - Commentaires [0] - Permalien [#]


05 décembre 2006

Qu'est-ce que la désobéissance civile ? Christian Mellon

Aucun régime n'est parfaitement démocratique. On sait bien que certaines décisions, prises par des élus dans les formes apparemment légales, résultent en fait de jeux d'influences occultes qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général : corruption, lobbies manipulateurs, décisions "technocratiques" (les experts profitant de la démission ou de l'incompétence des élus), etc. C'est dans ces failles de la démocratie que peut s'insérer une certaine justification de la désobéissance civile, notamment quand il s'agit de décisions aux effets graves et irréversibles. Des citoyens, par des actes de désobéissance civile, estiment de leur devoir de faire une sorte d'appel à l'opinion publique, sans attendre les prochaines élections. Loin d'être l'apologie anarchisante du " chacun sa loi ", une telle désobéissance civile est alors un moyen pédagogique, limité dans le temps et dans son objet, visant à susciter un débat public sur une question grave et urgente. Loin de contester la démocratie, elle vise à la défendre en la protégeant de ses propres dysfonctionnements.

la désobéissance civile est une forme d'action non-violente par laquelle des citoyens, ouvertement et délibérément, transgressent de manière concertée une (ou plusieurs) loi (décret, règlement, ordre émanant d'une autorité légale) en vigueur, dans le but d'exercer soit directement soit indirectement (par l'appel à l'opinion publique) une pression sur le législateur ou sur le pouvoir politique, pression visant soit la modification de la loi transgressée soit la modification d'une décision politique, soit même - très exceptionnellement - le renversement de ce pouvoir.

Posté par turisto à 18:06 - Articles de presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 décembre 2006

Les Israéliens adoptent ce que l'Afrique du Sud a laissé tomber

Par John Dugard
John Dugard est un professeur de Droit sud-africain qui enseigne aux Pays Bas. Il est actuellement le Rapporteur Spécial (journaliste) sur la Palestine pour le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

De nombreux aspects de l'occupation israélienne surpassent ceux du régime d'Apartheid.
La destruction à grande échelle par Israel des maisons palestiniennes, le nivellement des terres agricoles, les incursions militaires et les assassinats ciblés des Palestiniens dépassent de loin toutes les pratiques similaires dans l'Apartheid d'Afrique du Sud.
Aucun mur n'a été jamais construit pour séparer les Noirs et des Blancs.

Le nouveau livre de l'ancien Président Jimmy Carter, "Palestine : La Paix et non l'Apartheid" relance la polémique par son allégation qu'Israel pratique une forme d'Apartheid.

En tant qu'ancien militant contre l'Apartheid Sud-Africain qui se rend régulièrement dans les Territoires Palestiniens pour évaluer la situation des droits de l'homme pour le Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies, la comparaison à l'Apartheid sud-africain m'intéresse tout particulièrement.

Au premier abord, les deux régimes sont très différents. L'Apartheid était un système de discrimination raciale institutionalisée que la minorité blanche d'Afrique du Sud utilisait pour conserver son pouvoir sur la majorité noire.

Il se caractérisait par le refus d'accorder des droits politiques aux Noirs, la fragmentation du pays en des secteurs blancs et dles secteurs noirs (appelés Bantustans) et par l'imposition aux Noirs de mesures arbitraires conçues pour obtenir la supériorité des Blancs, une séparation raciale et la sécurité des Blancs.

Le "système des laissez-passer", qui cherchait à empêcher la libre circulation des Noirs et à limiter leur entrée dans les villes, a été imposé rigoureusement.

Les Noirs "étaient déplacés de force", et l'accès à la plupart des aménagements publics et à de nombreux types d'emploi leur était refusé. Le système a été imposé par un appareil sécuritaire brutal dans lequel la torture jouait un rôle significatif.

Les Territoires Palestiniens – Jérusalem-Est, la Cisjordanie et Gaza – sont sous occupation militaire israélienne depuis 1967.
Bien que l'occupation militaire soit tolérée et réglementée par le droit international, on la considère comme un régime indésirable qui devrait se terminer aussi vite que possible.

Depuis près de 40 ans, les Nations Unies ont condamné l'occupation militaire israélienne, ainsi que le colonialisme et l'Apartheid, puisqu'ils sont contraires à l'ordre public international.

En principe, l'objectif de l'occupation militaire est différent de celui de l'Apartheid.
Elle n'est pas conçue pour être un régime oppressif à long terme mais comme une mesure intérimaire qui maintient la loi et l'ordre dans un territoire suite à un conflit armé et en attendant un accord de paix. Mais ce n'est pas la nature de l'occupation israélienne de la Palestine.

Depuis 1967, Israel a imposé son contrôle des Territoires Palestiniens comme une puissance colonisatrice, sous l'apparence de l'occupation.

Il a saisi de manière permanente les régions les plus enviables des territoires : les lieux Saints à Jérusalem-Est, Hébron et Bethléem et les régions agricoles fertiles le long de la frontière occidentale et dans la Vallée du Jourdain - et a installé ses propres "colons" juifs sur l'ensemble de la terre.

L'occupation israélienne des Territoires Palestiniens possède de nombreux éléments de la colonisation. En même temps, elle comporte plusieurs des pires caractéristiques de l'Apartheid.

La Cisjordanie a été fragmentée en trois secteurs : le Nord (Jénine et Naplouse), le centre (Ramallah) et le sud (Hebron) - qui ressemblent de plus en plus aux Bantustans de l'Afrique du Sud.

Les restrictions à la libre circulation imposées par un système rigide d'autorisations renforcé par environ 520 checkpoints et barrages routiers ressemblent au "système des laissez-passer" de l'Apartheid , mais avec une sévérité qui va bien au-delà.

Et l'appareil de sécurité est réminiscent de celui de l'Apartheid, avec plus de 10.000 Palestiniens dans les prisons israéliennes et des allégations fréquentes de torture et de traitement cruel.

De nombreux aspects de l'occupation israélienne surpassent ceux du régime d'Apartheid.
La destruction à grande échelle par Israel des maisons palestiniennes, le nivellement des terres agricoles, les incursions militaires et les assassinats ciblés des Palestiniens dépassent de loin toutes les pratiques similaires dans l'Apartheid d'Afrique du Sud.
Aucun mur n'a été jamais construit pour séparer les Noirs et des Blancs.


Suite à la mobilisation mondiale contre l'Apartheid, on aurait pu s'attendre à ce qu'un même effort international concerté s'oppose au traitement répugnant des Palestiniens par Israel. Au lieu de cela, on trouve une communauté internationale divisée entre l'Occident et le reste du monde.

Le Conseil de sécurité est empêché d'agir en raison des vétos des États-Unis et de l'abstention de l'Union Européenne. Et les Etats-Unis et l'Union Européenne, en agissant de connivence avec les Nations Unies et la Fédération Russe, ont en effet imposé des sanctions économiques aux Palestiniens pour avoir, par des moyens démocratiques, élus un gouvernement considéré comme inacceptable pour Israel et l'Occident.

L'engagement à mettre un terme à l'occupation, à la colonisation et à l'Apartheit a été oublié.


Dans ces circonstances, les Etats-Unis ne devraient pas être étonnés si le reste du monde commence à perdre foi dans son engagement envers les droits de l'homme.

Certains Américains - avec raison - se plaignent que d'autres pays ne s'inquiètent pas de la violence au Soudan qui déchire la région du Darfour et des situations analogues dans le monde.

Mais puisque les Etats-Unis conservent une attitude de deux poids-deux mesures concernant la Palestine, ils ne devraent pas s'attendre à une coopération des autres pays dans la lutte pour les droits de l'homme.

Posté par turisto à 16:19 - Articles de presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

01 décembre 2006

L'Apartheid interdit aux Palestiniens de se déplacer dans des voitures israéliennes

Par Amira Hass
Article paru le 23 novembre dernier dans Haaretz

Le commandement central de l'OC, Yair Naveh, a lancé une bombe en début de semaine. Il a signé un ordre interdisant aux citoyens israéliens de prendre des passagers palestiniens dans leurs véhicules israéliens en Cisjordanie.
L'ordre entrera en vigueur le 19 janvier 2007 et il exempte ceux qui prennent des Palestiniens avec des permis d'entrée en Israel et dans les colonies, ou ceux qui emmènent des parents proches.

La raison du nouvel ordre, comme indiqué dans l'annonce du porte-parole de l'IDF, est naturellement, la sécurité : pour empêcher ceux qui veulent "commettre des attaques terroristes sur les premières lignes de l'état d'Israel et dans les régions de Judée, Samarie (Ndt : Cisjordanie) et la Vallée du Jourdain."

Par conséquent, l'ordre ressemble à une déclaration habituelle de l'IDF dont l'objectif est "l'autodéfense", mais dans la pratique, c'est un autre composant du régime de séparation nationale et ethnique qui existe en Cisjordanie, un régime de privilèges pour la minorité juive des colons, aux dépens des droits nationaux et individuels des Palestiniens.

Comme d'autres ordres militaires et lois de la Knesset, qui sont habilement masqués sous couvert de l'argument de sécurité, cet ordre est aussi une bombe à fragmentation qui continuera à détruire les dernières chances d'établir des relations pacifiques savec les Palestiniens.

L'argument de sécurité satisfera la grande majorité des Israéliens, tout comme ils se satisfont de l'explication de la sécurité pour les centaines de routes fermées et les dizaines (ndt : 520) checkpoints de l'armée à l'intérieur de la Cisjordanie.

Le fait que ceux-ci limitent énormément la mobilité et séparent un village de ses terres, un village des autres, un village d'une ville, et un secteur des autres, c'est-à-dire, qu'ils perturbent la vie normale qu'il est encore possible de maintenir sous le régime d'occupation israélienne, n'a jamais découragé les commandants de l'armée qui ont formulé ces ordres, n'a jamais arrêté les juges de la Cour Suprème qui ont approuvé et continuent d'approuver les ordres, et n'a jamais tracassé les députés du Parti Travailliste.

La majeure partie du public israélien n'est également pas préoccupée par le fait que ce soit précisément les checkpoints et les barrages routiers qui servent la politique israélienne de colonisation ; ils dissèquent la Cisjordanie occupée en de petites enclaves isolées où vivent les Palestiniens, cernés par un océan de colonies et de contiguïté territoriale juive.

L'interdiction prohibant aux Israéliens de prendre des passagers palestiniens dans des leurs voitures en Cisjordanie fait partie du régime de "séparation de circulation" qu'Israel a créé en Cisjordanie.

L'interdiction complète un autre ordre qui empêche les Palestiniens possédant des permis d'entrée en Israel d'utiliser les points de passage entre la Cisjordanie et Israel que franchissent les Israéliens. Les Palestiniens ont des points de passage séparés.

L'interdiction s'ajoute aux deux systèmes des routes séparées que l'establishment de la sécurité continue à construire sans entrave en Cisjordanie : une route pour les colons juifs et leurs relations (et, par accident, pour les adversaires de l'occupation et les Arabes israéliens, puisqu'aucun ordre contre leur utilisation n'a encore été publié) et une autre pour les Palestiniens.
L'une est large, éclairée, sécurisé et permet des déplacements rapides et brefs.
L'autre est étroite, épuisante, pas toujours goudronnée et pleine de checkpoints qui rendent le voyage lent et long.

C'est la hiérarchie qui est, en effet, incluse dans "l'entreprise de la colonisation" : une infrastructure perfectionnée et une expansion et un développement constants pour les résidants juifs, par opposition à une diminution de l'espace et un frein à leur développement pour les Palestiniens.

Le nouvel ordre fait suite à un ordre qui empêche déjà tous les Palestiniens de se déplacer et de rester dans la Vallée du Jourdain, soit un tiers de la Cisjordanie, et la politique de "différentiation" qu'utilise fréquemment Naveh : une large interdiction à tous les résidants du nord de la Cisjordanie, ou aussi à ceux qui ont entre 16 et 35 ans, de voyager vers le Sud de la Cisjordanie.

Ce vol de temps et d'espace fait aux Palestiniens est essentiel pour garantir que "leur développement séparé" sera toujours largement derrière le développement des juifs, stagnera à un niveau de piteuse existence inférieure et dégradante.

Le nouvel ordre ne gênera pas des "éléments terroristes" de s'associer avec des voleurs de voiture ayant une bonne connaissance des chemins cachés du pays, qui s'infiltrent en Cisjordanie dans des véhicules israéliens volés ; cela le les empêchera pas de poser des plaques d'immatriculation israéliennes volées à leurs voitures, de falsilfier des documents, de s'habiller comme des Israéliens ou d'enlever des Israéliens.

Le véritable objectif de l'ordre est de s'attaquer à des cibles civiles, des cibles pacifistes.

L'interdiction faite aux Israéliens d'emmener des Palestiniens dans leurs voitures affecte les droits des Israéliens (les juifs et les non-juifs) qui ont des amis palestiniens : ils ne pourront pas voyager ensemble en Cisjordanie, rendre visite à des amis ensemble, les aider à aller plus rapidement chez un docteur, dans leur maison ou dans leurs oliveraies.


L'interdiction affecte tous les groupes israéliens déterminés à travailler contre l'occupation :Mahsom Watch, Yesh Din, les Activistes Contre la Barrière de Séparation, les Rabbins pour les Droits de l'Homme, Ta’ayush, le Comité Contre les Démolitions de Maisons.

Elle affecte également des groupes des Droits de l'Homme comme Hamoked - le Centre pour la Defense des Individus, B’Tselem, et l'Association pour les Droits Civils.

Les activistes de toutes les organisations et mouvements ci-dessus rencontrent des Palestiniens, voyagent avec eux et lient des amitiés avec eux.

Dans leurs réunions et leurs déplacements communs sur les routes de Cisjordanie, ils servent à rappeler aux Palestiniens qu'il y a des Israéliens qui ne sont pas des soldats et des colons, qu'il y a des Israéliens qui s'opposent au régime des privilèges et que donc, il y a peut-être un espoir pour une solution politique juste.

L'ordre de Naveh, s'il n'est pas annulé à temps, laissera d'innombrables petites bombes à fragmentation qui exploseront et altéreront cet espoir.

Posté par turisto à 16:17 - Articles de presse - Commentaires [0] - Permalien [#]
« Accueil  1